Que faire de son surplus solaire en 2026 : revendre, batterie virtuelle ou batterie physique — les trois options chiffrées
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Revendre, batterie virtuelle ou vraie batterie : que faire de ton surplus solaire en 2026 ?

Transparence. PluginWatt vend des batteries plug & play. C'est l'une des trois options comparées ici. Nous avons donc un intérêt dans ce sujet, et tu as le droit de le savoir avant de lire. Notre parti pris : donner les chiffres qui nous dérangent aussi. Tu verras plus bas que nous corrigeons à la baisse notre propre argument le plus vendeur, et que nous déconseillons la batterie à trois profils de lecteurs.

Que faire de son surplus solaire en 2026 ? Il n'y a que trois chemins possibles : le revendre, le confier à une batterie virtuelle, ou le stocker dans une vraie batterie. Le bon dépend d'une date (celle de ton contrat) et de quelques chiffres que peu d'articles prennent la peine de poser.

L'essentiel, en trois lignes

  • Depuis le 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin, publié au JORF le 4 juin), le surplus des nouvelles installations est racheté 0,011 €/kWh, alors que le kWh acheté au tarif réglementé bleu coûte 0,2001 €.
  • Un kWh que tu consommes toi-même vaut donc environ 18 fois un kWh que tu revends. Mais en le faisant passer par une batterie, tu perds environ 17 % en route : le rapport réel retombe autour de 15.
  • Si ton contrat de rachat date d'avant 2017, arrête ta lecture ici : ton surplus vaut plus cher vendu que consommé.

Le point de départ : ce que vaut ton surplus aujourd'hui

L'arrêté du 1er juin 2026 (publié au JORF le 4 juin) s'applique aux demandes déposées à partir du 5 juin 2026. Pour ces installations, le surplus est racheté 0,011 €/kWh, revalorisé de 2 % par an, jusqu'à 100 kWc.

Deux précisions que peu d'articles donnent :

  • Au-delà de 1 600 kWh par kWc et par an, la part excédentaire n'est pas rachetée. Si tu surdimensionnes, tu produis pour rien.
  • La prime à l'autoconsommation est supprimée, pour tout le monde, y compris pour une pose en toiture par un professionnel RGE. Et les batteries restent taxées à 20 % de TVA. Les panneaux peuvent bénéficier de 5,5 % sous conditions, mais achetés et posés avec une batterie dans une même opération, l'ensemble passe à 20 %.

En face, l'électricité que tu achètes coûte 0,2001 €/kWh au tarif réglementé bleu 6 kVA, option Base, en vigueur depuis le 1er août 2026.

Le chiffre que tout le monde cite — et sa correction

Un kWh que tu consommes toi-même vaut environ 18 fois un kWh que tu revends. 0,2001 ÷ 0,011 — nouvelles installations.

C'est vrai. Et c'est incomplet.

Parce que si tu passes ce kWh par une batterie, tu ne récupères pas tout. Le rendement aller-retour d'un système de stockage domestique tourne autour de 83 % : c'est la valeur que retient notre moteur de calcul, et nous expliquons plus bas d'où elle vient. Ton kWh stocké te fait donc économiser environ 0,17 €, pas 0,2001 €. Le rapport réel n'est pas de 18, mais d'environ 15.

15, c'est encore énorme. Mais c'est 15, pas 18. Nous retenons donc 15, le rapport une fois les pertes déduites.

Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur la réforme du 1er juin 2026.

Tout dépend de la date de ton contrat de rachat

Si tu as déjà une installation, ton tarif de rachat n'a pas changé : il est verrouillé 20 ans à la date de ta signature. Et selon cette date, la réponse à cet article change du tout au tout.

Ton contrat de rachat Ce que vaut ton surplus Ce que ça implique
Avant 2017 plus de 0,20 €/kWh Ton surplus vaut plus cher que l'électricité que tu achètes. Stocker te ferait perdre de l'argent. Ne touche à rien.
2017 → 2024 environ 0,10 à 0,13 €/kWh (fourchette : le tarif exact dépend du trimestre de signature) Le gain du stockage est faible, de l'ordre de 1,5 à 2 fois. À étudier au cas par cas, sans se presser.
Mars 2025 → 4 juin 2026 0,04 €/kWh Le stockage devient nettement plus intéressant que la revente.
Demande déposée depuis le 5 juin 2026 0,011 €/kWh C'est le cas où le rapport de 15 s'applique.
Pas de contrat de rachat (cas fréquent en plug & play) 0 € Ton installation est déclarée à Enedis par une convention d'autoconsommation sans injection (CACSI), obligatoire même quand tu n'injectes rien. Sans contrat de rachat, chaque kWh non consommé part gratuitement dans le réseau.

Un producteur de 2015 et un producteur de septembre 2026 n'ont pas le même problème. C'est pour ça que la suite se lit avec ton contrat de rachat sous les yeux.

Comment utiliser notre calculateur avec ce tableau — et sa limite actuelle. Notre calculateur de rentabilité batterie solaire te demande si tu as un contrat de rachat en cours, et pré-remplit dans ce cas 0,04 €/kWh — le tarif du dernier groupe de contrats avant la réforme. Ce champ est modifiable, et si ton contrat est plus ancien, tu dois le modifier. Un contrat de 2015 à 0,22 €/kWh laissé à 0,04 fausserait le calcul dans le sens qui nous arrange, et ce n'est pas ce que nous voulons. Prends le chiffre sur ta facture EDF OA et remplace la valeur. Si tu ne le connais pas, le calculateur propose une estimation par année de signature, à condition de saisir cette année : sans elle, l'estimation ne s'applique pas.

Et la vente totale ? Elle n'est plus une option : les nouveaux contrats de vente totale sont arrêtés depuis mars 2025 pour les installations jusqu'à 9 kWc. Il ne reste donc bien que trois chemins.


Option 1 — Revendre ton surplus (EDF OA : 0,011 €/kWh)

C'est le chemin par défaut : tu ne fais rien, ton surplus part sur le réseau, EDF OA te paie une fois par an.

Ce que ça rapporte

Pour une nouvelle installation, à 0,011 €/kWh : 1 000 kWh de surplus dans l'année te rapportent 11 €. Une fois. Retiens simplement l'ordre de grandeur avant de dimensionner quoi que ce soit.

EDF OA n'est pas le seul acheteur possible. Hello Watt a lancé en septembre 2026 une offre « Rachat Piloté » à 4 c€/kWh. Ce tarif est « garanti pendant 12 mois à compter de votre souscription » ; au-delà, « il pourra évoluer, mais il restera toujours supérieur au tarif d'EDF OA de juin 2026 (1,1 centimes) » (page de l'offre Hello Watt, consultée le 5 octobre 2026). L'accès est soumis à trois conditions : une installation « réalisée par un installateur RGE », l'attestation Consuel, et un onduleur ou des micro-onduleurs de l'une des cinq marques listées sur sa page. Un kit plug & play que tu as installé toi-même n'y est donc pas éligible à ce jour. Deux points à connaître, selon la même page : l'offre est « sans engagement », mais « il ne vous sera pas possible de souscrire un contrat de revente avec EDF OA si vous souhaitez rompre votre contrat avec Hello Watt » ; et « les frais de 49 € TTC sont à payer une seule fois ».

Ce que ça vaut vraiment, un kWh injecté à midi

Une donnée officielle éclaire le tarif d'EDF OA. Selon le bilan électrique 2025 de RTE, le prix de gros horaire a été négatif pendant 513 heures en 2025, contre 352 heures en 2024. Environ 6 % de l'année. Près de la moitié de ces heures se concentrent en mai (133 h) et juin (130 h), c'est-à-dire au cœur de la saison solaire, en pleine journée.

Autrement dit : au moment précis où ton installation produit le plus, le réseau français a de moins en moins besoin de ton kWh. Le constat vient du carnet de bord du gestionnaire du réseau lui-même. Et c'est dans ce contexte que le tarif de rachat des nouvelles installations est passé à 0,011 €.

(À noter, pour être complet : RTE relève aussi que ces prix négatifs sont moins profonds qu'avant, avec une moyenne de −6,5 €/MWh en 2025 contre −10 €/MWh en 2024. Plus fréquents, mais moins violents.)

Le point de blocage dont personne ne parle : sortir d'un contrat coûte cher

Si tu as déjà un contrat de rachat et que tu envisages de passer en autoconsommation totale avec batterie, il y a une étape que la plupart des articles oublient : résilier un contrat EDF OA n'est pas gratuit.

Le contrat prévoit une indemnité de résiliation. Sa formule complète figure à l'annexe 5 des conditions générales S21 V0-0-0 (annexe 3 dans la version V2.0.0), modèle approuvé par le ministre chargé de l'énergie (document officiel EDF OA). Elle rembourse, en valeur actualisée, ce que la collectivité a versé sur ton contrat depuis son entrée en vigueur : elle s'appuie sur le coût évité moyen annuel publié par la CRE, sur le prix de référence de la capacité, et sur un taux d'actualisation indexé sur les emprunts d'État. Le cadre légal est fixé par l'arrêté du 6 octobre 2021, article 12 (devenu article 11 depuis l'arrêté du 1er juin 2026) et l'article R. 314-9 du code de l'énergie.

Deux choses à savoir, et elles viennent d'EDF OA :

1. Les ordres de grandeur. EDF OA publie deux exemples, présentés comme indicatifs et sans valeur contractuelle : une installation de 3 kWc résiliée après un an et demi de contrat coûte environ 500 € ; une installation de 9 kWc résiliée après sept ans coûte environ 3 500 €.

2. Tu ne connaîtras pas ton montant avant de t'engager. C'est écrit noir sur blanc sur le site d'EDF OA :

« Le calcul de l'indemnité de résiliation dépend de données qui ne sont connues qu'une fois la résiliation engagée […]. Aussi, nous ne fournissons le montant de l'indemnité qu'en cas d'engagement du producteur à résilier son contrat. » — EDF OA, page « Résilier son contrat »

La formule est publique, les indices sont publics, mais le montant qui te concerne, toi, ne te sera communiqué qu'après que tu as engagé la procédure. La résiliation demande par ailleurs un préavis de trois mois par lettre recommandée, et l'indemnité est payable dans les soixante jours suivant sa communication.

Concrètement : si tu as un contrat en cours, chiffre cette sortie avant de commander quoi que ce soit. C'est le premier blocage réel du parcours, et il est presque absent des comparatifs.

Mise à jour du 6 octobre 2026 : le projet de loi de finances pour 2027 (projet de loi n° 3210, article 82) propose, pour les contrats photovoltaïques de 36 kWc ou moins, une indemnité nulle si la référence de prix de marché de l'électricité ne dépasse pas un seuil fixé par arrêté (seuil qui ne peut être inférieur à 100 € par MWh), et un forfait de 100 € par kWc au-dessus. Ce n'est qu'un projet : tant qu'il n'est pas adopté, la règle décrite ci-dessus continue de s'appliquer.

Pour qui revendre reste la bonne option

  • Les contrats d'avant 2017 (rachat supérieur à 0,20 €/kWh) : revendre rapporte plus que consommer. Le stockage n'a aucun sens économique.
  • Les très petites installations (moins de 1,5 kWc) équipées d'une batterie trop grande : peu de surplus, la capacité reste vide — seule une petite batterie de 1 à 2 kWh peut s'y amortir.
  • Les foyers déjà très autoconsommateurs : peu de surplus à stocker.

Si tu es dans un de ces trois cas : garde ton argent.


Option 2 — La batterie virtuelle : ce que ça coûte vraiment

Le principe est séduisant. Au lieu de vendre ton surplus pour quelques centimes, tu le « déposes » chez un opérateur qui te le « restitue » plus tard. Un livret A, mais en électricité. Zéro matériel à acheter.

Les deux principaux opérateurs de ce service en France sont Urban Solar Energy et mylight150 (la marque s'appelait MyLight Systems jusqu'à l'été 2026 ; même société, nouveau nom).

Premier réflexe : lire quel produit tu signes

Il n'existe pas « une » batterie virtuelle, mais plusieurs modèles économiques qui n'ont presque rien en commun. Chez mylight150, deux offres coexistent. Leur grille tarifaire officielle a changé au 1er octobre 2026 : la nouvelle version s'applique à toute souscription faite depuis cette date. Si tu as souscrit avant, la grille du 1er août 2026 reste valable jusqu'au 31 octobre 2026 inclus, et la nouvelle s'applique à partir du 1er novembre. Les deux grilles séparent clairement les deux offres :

  • MySmartBattery : un forfait mensuel fixe selon la « taille » du compte (de 14,99 € TTC/mois pour 20 kWh à 281,99 € TTC/mois pour 10 000 kWh dans la grille du 1er octobre 2026, contre 12,99 € à 214,99 € dans celle du 1er août), et 0 €/kWh restitué, l'acheminement et les taxes étant inclus dans le forfait.
  • MyBattery : un abonnement de 1,90 € TTC/kWc par mois dans la grille du 1er octobre 2026 (1,20 € TTC dans celle du 1er août), plus l'acheminement et l'accise facturés au kWh restitué (environ 0,109 €/kWh TTC en option Base, contribution CEE de l'opérateur incluse, montant identique dans les deux grilles).

Deux offres du même opérateur, deux économies radicalement différentes. Vérifie laquelle on te propose.

Le vrai coût d'un kWh « récupéré »

Le kWh restitué n'est jamais gratuit, et c'est le point que la promesse « stockez votre surplus » a tendance à effacer. Chez Urban Solar Energy, la grille tarifaire en vigueur (option Heures Pleines / Heures Creuses, au 1er août 2026) donne les chiffres :

Ce que coûte un kWh restitué de la batterie virtuelle (acheminement) Ce que coûterait le même kWh acheté au réseau Ton gain net
Heures creuses 0,0945 € TTC 0,1589 € TTC ≈ 0,064 €
Heures pleines 0,1122 € TTC 0,2142 € TTC ≈ 0,102 €

À quoi s'ajoutent un abonnement de 1 €/kWc HT par mois (soit environ 36 € HT par an pour une installation de 3 kWc) et des frais de mise en place de 299 € TTC.

Attention : tu ne choisis pas quand on te rend ton kWh

Le tableau ci-dessus donne deux gains très différents selon l'heure. Mais ce n'est pas toi qui décides de l'heure. Les conditions générales sont explicites :

« Ce surplus est restitué à un moment où la production est nulle, prioritairement en heures creuses. » — Conditions générales Urban Solar Energy, article 3.5 (version applicable au 1er juin 2026)

En pratique, c'est donc le gain en heures creuses (environ 0,064 €/kWh) qui s'applique le plus souvent. Le gain d'environ 0,102 € en heures pleines existe, mais il est rarement celui que tu obtiens.

Compare maintenant avec une batterie physique : elle t'économise le kWh entier que tu n'achètes pas, soit environ 0,17 € au tarif Base, ou environ 0,13 € en heures creuses (rendement de 83 % déduit). À heure égale, en heures creuses, le stockage virtuel t'en rend environ la moitié.

Pourquoi ? Parce que le kWh que tu récupères repasse par le réseau, et que les taxes s'appliquent à nouveau. Le contrat le dit sans détour :

« Les taxes et contributions sont dues y compris sur la partie injectée sur le réseau puis restituée au titre du stockage virtuel. » — Conditions générales Urban Solar Energy, article 7.3

Le service ne te rend pas ton kWh. Il te le revend moins cher. Aucun reproche là-dedans : la définition du produit est écrite dans le contrat.

Ce qui change au 1er août 2026

Urban Solar Energy a publié une nouvelle grille tarifaire intégrant une contribution CEE, applicable au 1er août 2026. Sa note de bas de page :

« CEE : dispositif national qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions d'économies d'énergie, tarif applicable à partir du 1er août 2026 : 0,012 € HT / kWh » — grille tarifaire Urban Solar Energy au 1er août 2026, note (8)

Cette contribution est déjà comptée dans le prix d'acheminement du déstockage, c'est-à-dire précisément le kWh que tu récupères. La note (9) de la même grille le précise : « Inclus dans le prix acheminement TTC : TICFE (6) + CEE (8) + TVA ». Concrètement, en comparant la grille au 1er février 2026 et celle au 1er août 2026 :

Acheminement du kWh restitué Jusqu'au 31 juillet 2026 Depuis le 1er août 2026
Heures creuses 0,0790 € TTC 0,0945 € TTC
Heures pleines 0,0963 € TTC 0,1122 € TTC

Soit +0,0155 € TTC par kWh en heures creuses et +0,0159 € TTC en heures pleines. La contribution CEE en représente l'essentiel : 0,012 € HT, soit 0,0144 € TTC une fois la TVA ajoutée. Le reste tient aux autres composantes du prix, revues à la même date. Le tarif réglementé a lui aussi bougé au 1er août (heures creuses : de 0,1579 € à 0,1589 € TTC). Au total, ton gain en heures creuses passe d'environ 0,079 € à 0,064 € par kWh restitué, une baisse d'à peu près 18 %.

(La hausse moyenne du tarif réglementé au 1er août a été de +2,5 % TTC, proposée par la CRE (délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026) et fixée par la décision du 29 juillet 2026, publiée au Journal officiel du 31 juillet. Les chiffres de cette section en tiennent compte.)

Le dispositif des CEE est réel et n'a rien d'exotique : c'est une obligation nationale qui pèse sur les fournisseurs d'énergie au-delà d'un certain volume de ventes. Et surtout : cette facturation n'a rien d'une surprise. Elle est prévue dans le contrat, dans un article qui lui est consacré :

« 3.4 Certificats d'économie d'énergie (CEE). En application de la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 […] complétée du décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième période des certificats d'économies d'énergie […], Urban Solar Energy fait partie des acteurs obligés et se doit donc de mettre en place des démarches visant à promouvoir les économies d'énergie. Afin de compensation du coût de cette obligation, Urban Solar Energy pourra refacturer au Client le coût correspondant, conformément à la réglementation en vigueur. » — Conditions générales Urban Solar Energy, article 3.4 (version applicable au 1er juin 2026)

C'est écrit, c'est sourcé, c'est légal. Le point qui nous intéresse est ailleurs, et il est plus structurel.

Ce que dit le contrat sur le prix de demain

C'est le point le plus important de cette section, et il ne concerne pas le prix d'aujourd'hui.

Les conditions générales d'Urban Solar Energy prévoient que l'opérateur peut réviser ses prix deux fois par an. Le même article précise qu'il doit t'indiquer comment résilier si tu n'es pas d'accord :

« Le fournisseur a la possibilité de réviser ses prix deux (2) fois par an. La nouvelle grille tarifaire sera communiquée au client un (1) mois avant son application […]. Indépendamment, les évolutions du TURPE […] seront répercutées sur les prix de vente dès leur application par le GRD. […] Ce courrier informera le client des modalités de résiliation en cas de désaccord avec les modifications conformément à la réglementation en vigueur (art. L. 121-90 du Code de la consommation). » — Conditions générales Urban Solar Energy, article 7.2

Un autre article autorise la répercussion de toute nouvelle charge réglementaire :

« En cas d'évolution des dispositions législatives, réglementaires ou fiscales, le fournisseur se réserve le droit de répercuter et facturer les nouvelles charges dont il serait redevable […] visant notamment à la maîtrise de la consommation énergétique […]. » — Conditions générales Urban Solar Energy, article 7.4

La hausse du 1er août s'appuie sur cette clause. Elle est prévue par écrit, dès la signature, et tu conserves le droit de partir si elle ne te convient pas. Chez mylight150, la logique contractuelle est comparable : préavis d'un mois sur les grilles, et application « de plein droit » des variations liées au tarif réglementé, y compris rétroactivement, aux contrats en cours. Là aussi, tu conserves la possibilité de résilier sans pénalité si le changement ne te convient pas (CGV mylight150, art. 10). (La répercussion des CEE n'y fait pas exception : sur la décharge de MyBattery, la grille mylight150 applicable au 18 mai 2026 intègre déjà une « majoration de 1,20 cts € TTC au titre de la prise en compte de l'obligation CEE ». Cette majoration est reconduite dans ses grilles du 1er août et du 1er octobre 2026 : les deux opérateurs répercutent la charge, chacun à sa manière.)

C'est simplement la nature du produit : tu ne possèdes rien. Tu as un contrat de service, et un contrat de service évolue.

Le trou dans la raquette : la coupure de courant

Un point technique, souvent oublié, sans rapport avec le prix : une batterie virtuelle ne peut pas te dépanner pendant une coupure. La nature même du produit l'exclut. Ton « stock » est une écriture comptable chez ton fournisseur, pas des électrons rangés chez toi : la restitution passe par le réseau. Sans réseau, il n'y a physiquement rien à restituer.

Tu es dans le noir, avec un compte d'électricité bien garni.

Pour qui la batterie virtuelle garde du sens

  • Tu veux lisser sur la saison : produire en juillet, consommer en janvier. Aucune batterie physique domestique ne fait ça. C'est le vrai avantage du modèle, et il est décisif pour certains profils.
  • Tu ne veux aucun investissement matériel ni aucune installation.
  • Tu consommes beaucoup en heures creuses, car c'est là que la restitution a lieu en priorité, donc là que le service travaille pour toi.
  • Et tu acceptes le risque tarifaire : les conditions peuvent évoluer, comme la nouvelle grille du 1er août vient de le rappeler.

Option 3 — La batterie physique : coût, retour sur investissement, limites

Tu achètes du matériel. Il est à toi : aucune condition générale ne changera dans ton dos. En échange, tu avances l'argent, et le dimensionnement devient ton problème.

Ce que ça coûte

Une batterie plug & play en courant alternatif se situe autour de 250 €/kWh sur le marché français en juillet 2026. Une batterie résidentielle posée par un professionnel coûte nettement plus cher au kWh : c'est un autre produit, avec un autre calcul, et nous ne mélangeons pas les deux.

Ce que ça rapporte : trois cas calculés, pas un chiffre unique

Le temps de retour dépend de trois choses : ton tarif de rachat actuel, la taille de la batterie rapportée à ta consommation du soir, et ton option tarifaire (Base, Heures Creuses, Tempo).

Cas calculé par notre moteur Retour sur investissement de la batterie
Marseille — 2 personnes, 2 500 kWh/an, HP/HC, kit balcon de 840 Wc déjà installé, foyer absent en journée, sans contrat de rachat ; +1,92 kWh pour 649 €, +95 € la 1re année 7,2 ans
Lyon — 3 personnes, 3 100 kWh/an, HP/HC, même kit, même batterie à 649 €, +72 € la 1re année 9,3 ans
Nantes — 4 personnes, 4 500 kWh/an, HP/HC, 6 kWc en toiture, surplus revendu 0,04 €/kWh (contrat signé avant juin 2026) ; +1,92 kWh pour 649 €, +90 € la 1re année (6,3 ans à 0,011 €/kWh, 5,9 ans sans contrat) 7,7 ans

D'où viennent ces trois cas ? Ce sont des simulations de notre moteur — 8 760 heures, météo de la région, contrat EDF — avec les paramètres détaillés juste en dessous. Le retour sur investissement est l'année où les économies cumulées, vieillissement de la batterie compris, atteignent l'investissement. Pour les trois cas, le coût retenu est le prix de la batterie dans notre boutique au 17 octobre 2026. Ce ne sont pas des mesures terrain que nous aurions faites nous-mêmes : nous n'avons pas encore publié de test longue durée sur nos propres appareils, et nous ne prétendrons pas le contraire. Tu peux refaire le calcul pour ton cas avec le calculateur.

Un « retour en X années » annoncé sans conditions n'est pas une information : c'est un argument de vente. Ça se calcule, cas par cas.

Les trois choses que les fiches produit ne disent pas

  1. La batterie consomme de l'électricité pour rester allumée. Cette consommation de veille tourne autour de 150 Wh par jour sur les modèles courants, soit environ 55 kWh par an. En hiver, quand la production est faible, elle peut manger une part réelle du bénéfice, au point qu'éteindre la batterie pendant les mois les plus sombres devient une question légitime.
  2. Le rendement aller-retour n'est pas de 100 %. Notre moteur retient un rendement système de l'ordre de 83 %, qui descend plus bas à très faible puissance. Sur 10 kWh stockés, tu en récupères environ 8,3 kWh. C'est cette perte qui fait passer le rapport de 18 à 15.
  3. Une batterie ne fait pas 365 cycles par an. En usage domestique réel, compte plutôt 230 à 300 cycles équivalents. Les jours gris, il n'y a rien à stocker.

Ces trois paramètres sont intégrés dans notre moteur. C'est aussi pour ça qu'il rend parfois un résultat que personne n'a envie de lire.

Ce que nous ne savons pas encore, et que nous publierons

La partie logicielle de ces produits (l'application, le dialogue entre la batterie et le capteur de courant) est, à nos yeux, le maillon le plus fragile de ce segment de marché, en particulier quand on met plusieurs batteries en parallèle. Nous ne te donnerons pas de note sur ce point tant que nous n'aurons pas nos propres mesures.

Ce que nous allons faire, et que nous publierons ici : instrumenter une batterie sur trente jours. Consommation de veille réelle, rendement aller-retour mesuré, nombre de cycles, incidents. Les relevés seront publiés bruts, y compris s'ils sont mauvais. C'est la seule chose qui vaut mieux qu'un avis.

En attendant, si tu pars sur du multi-batteries, pose la question du pilotage avant d'acheter, pas après. Tu peux comparer les modèles dans nos gammes Marstek, Zendure, Anker SOLIX et EcoFlow.

Pour qui la batterie physique fonctionne

  • Ton rachat est bas (0,011 € ou 0,04 €), ou tu n'as pas de contrat de rachat.
  • Tu consommes le soir : retour du travail, cuisson, eau chaude, recharge de voiture.
  • Ton installation produit assez de surplus pour remplir la batterie régulièrement.
  • Tu veux quelque chose qui fonctionne quand le réseau tombe. C'est le seul des trois chemins qui le permet.

Batterie virtuelle ou batterie physique : le comparatif

Revendre Batterie virtuelle Batterie physique
Investissement 0 € 0 € + abonnement (1 à 1,58 € HT/kWc/mois selon l'opérateur) + mise en service ~250 €/kWh, TVA 20 %
Ce que te rapporte 1 kWh de surplus 0,011 € (nouvelle installation) ≈ 0,064 € en heures creuses, depuis le 1er août 2026 (prix du kWh évité moins l'acheminement du déstockage) ≈ 0,17 € au TRV Base, ≈ 0,13 € en heures creuses (le kWh que tu n'achètes plus, rendement 83 % déduit)
Stockage saisonnier — Oui (le seul) Non (quelques heures)
Fonctionne pendant une coupure Non Non (la restitution passe par le réseau : sans réseau, rien à restituer) Oui (selon le modèle)
Conditions modifiables sans toi Tarif garanti 20 ans Oui — révision possible 2×/an + répercussion des charges réglementaires (CGV art. 7.2 et 7.4) Le matériel est à toi (l'application et le firmware, eux, évoluent)
Le risque principal Ton surplus ne vaut presque rien Le prix de demain n'est pas celui d'aujourd'hui Le dimensionnement : une batterie trop grande ne se rentabilise pas

Alors, laquelle ?

La réponse dépend de quatre chiffres qui t'appartiennent : le tarif de rachat inscrit sur ton contrat, ta consommation du soir, ta production réelle et ton option tarifaire (Base, Heures Creuses, Tempo).

Notre calculateur te demande ces quatre choses, utilise les tarifs d'achat officiels en vigueur, et te donne un temps de retour assorti de ses hypothèses, y compris quand la réponse est « ça ne vaut pas le coup pour toi ». Rappel : pour le tarif de rachat, va chercher le chiffre sur ta facture EDF OA et remplace la valeur pré-remplie. C'est le seul des quatre que nous ne pouvons pas encore déduire à ta place.

→ Calcule ton temps de retour réel en 90 secondes

Un résultat négatif reste un résultat utile : il t'évite un achat qui ne se rembourse pas.


Questions fréquentes

Puis-je cumuler batterie virtuelle et batterie physique ? Techniquement oui : la batterie physique absorbe les pics de la journée pour le soir, le solde part en batterie virtuelle pour l'hiver. Économiquement, cela suppose de payer deux fois pour stocker le même kWh, puisque l'abonnement virtuel s'applique au reste. À chiffrer avant de s'engager.

Combien coûte vraiment un kWh restitué par une batterie virtuelle ? Chez Urban Solar Energy, la grille en vigueur depuis le 1er août 2026 facture l'acheminement du déstockage 0,0945 €/kWh TTC en heures creuses et 0,1122 €/kWh TTC en heures pleines, auxquels s'ajoute un abonnement d'environ 1 €/kWc HT par mois. Le kWh n'est pas rendu : il est revendu moins cher. Ces montants incluent une contribution CEE de 0,012 €/kWh HT ; la grille au 1er février 2026, qui ne l'incluait pas, affichait 0,0790 € (heures creuses) et 0,0963 € (heures pleines). Chez mylight150 (offre MyBattery), l'ordre de grandeur est comparable : environ 0,109 €/kWh TTC en option Base (acheminement et accise compris, contribution CEE incluse ; grilles du 1er août et du 1er octobre 2026), plus un abonnement de 1,90 € TTC/kWc par mois pour toute souscription faite depuis le 1er octobre 2026 (1,20 € TTC pour les clients ayant souscrit avant, jusqu'au 31 octobre 2026).

Une batterie virtuelle fonctionne-t-elle pendant une coupure de courant ? Non, par construction. Le « stock » est une écriture comptable chez le fournisseur, pas de l'électricité rangée chez toi ; la restitution passe par le réseau. Sans réseau, il n'y a physiquement rien à restituer.

J'ai un contrat de rachat signé en 2015. Dois-je passer à la batterie ? Probablement pas. Avec un rachat supérieur à 0,20 €/kWh, ton surplus vaut plus cher vendu que consommé. Stocker te ferait perdre de l'argent. Vérifie ton tarif exact sur ton contrat avant toute décision.

Combien coûte la sortie d'un contrat EDF OA ? Une indemnité de résiliation est prévue au contrat ; sa formule figure à l'annexe 5 des conditions générales S21 V0-0-0 (annexe 3 dans la version V2.0.0) et s'appuie sur des indices publiés par la CRE. EDF OA donne deux exemples indicatifs : environ 500 € pour une installation de 3 kWc résiliée après un an et demi, environ 3 500 € pour une installation de 9 kWc résiliée après sept ans. Le montant exact n'est communiqué qu'après engagement de la procédure de résiliation. Le projet de loi de finances pour 2027 (article 82) propose de rendre cette indemnité nulle ou forfaitaire pour les contrats de 36 kWc ou moins ; ce n'est encore qu'un projet.

Une batterie physique me permet-elle de tenir pendant une coupure ? Seulement si le modèle dispose d'une sortie de secours (backup / EPS) et si ton installation est câblée pour. Ce n'est pas automatique, et toutes les batteries plug & play ne le proposent pas. Vérifie cette ligne précise sur la fiche technique.

Les prix de l'électricité vont-ils encore bouger ? Oui. La CRE a proposé une hausse moyenne du tarif réglementé de +2,5 % TTC au 1er août 2026 (délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026) : pour un foyer moyen, la facture annuelle passe de 1 046 € TTC à 1 072 € TTC selon la CRE. La décision du 29 juillet 2026 fixant ces tarifs a été publiée au Journal officiel du 31 juillet 2026. Nous avons mis à jour ces chiffres, et notre calculateur, dès l'entrée en vigueur.


Sources

Chiffres vérifiés au 3 août 2026 ; grilles tarifaires des opérateurs de batterie virtuelle et offre Hello Watt revérifiées au 5 octobre 2026. Tarif réglementé bleu 6 kVA en vigueur depuis le 1er août 2026 (hausse moyenne de +2,5 % TTC proposée par la CRE, délibération n° 2026-147) : cet article et notre calculateur ont été mis à jour à son entrée en vigueur.

— l'équipe PluginWatt

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